L’égalité des sexes : à sens unique ?

Je ne suis pas réellement une féministe, hyper engagée pour la cause des femmes… Non, pas vraiment, les femmes ne sont pas réellement mes amies je devrais même dire… Je suis plutôt du genre à traîner avec des mecs, boire des bières et roter ! Et ce que j’aime par-dessus tout, c’est prendre leur défense, à ces pauvres bonshommes. Pas ceux qui sont vraiment des gros malotrus. Non, les autres, ceux que l’on oublie très régulièrement, les nouveaux hommes, qui considèrent leur femelle comme leur égal. Il y en a beaucoup plus que ce que l’on croit, mais il y a aussi cette nouvelle génération de femmes, celles qui les rabaissent en permanence et ne les laissent pas s’affranchir. Je m’en va vous expliquer :

Depuis que nous sommes rentrés dans cette grande aventure de la parentalité avec Roudoudou, on s’est rendus compte que nous n’étions pas des parents mais un papa et une maman. Oui, les gens ne pensent pas que Roudoudou puisse être mon égal auprès de Poupette. Bon, OK, niveau physique, il y a 2-3 différences qui ne m’ont pas échappées. C’est moi qui ait enflé (quoique), c’est moi qui ait souffert pendant l’accouchement et pas dormi pendant près de 36h (quoique), c’est moi qui ait allaité la poupette (quoique).

Lors de la préparation à l’accouchement, nous sommes tombées sur une sage-femme qui m’a demandé ce que Roudoudou voulait faire lors de l’accouchement, voulait-il être présent et m’accompagner ? Et là je suis tombée des nues : et oui, depuis le début de la grossesse, on ne lui demandait jamais son avis à mon mari, pourtant, il était à 50% responsable de mon état. Et donc, il m’a accompagné à chaque séance de préparation à l’accouchement, car c’était SON choix. Ce qui surprenait notre entourage, quand on disait : on était à notre séance de préparation à l’accouchement – Ah bon il t’a accompagné ? – Ben oui, à toutes, pourquoi ? Il faut dire que nous avions une sage-femme libérale qui nous calait les rendez-vous en individuel les soirs, à l’hôpital, c’était en pleine journée, on sent bien que ces messieurs ne sont pas les bienvenus !

Pendant l’accouchement, il a été là de A à Z, m’a coaché, soutenu, rassuré, n’a pas juste servi à ce que je lui broie la main et crie dessus comme c’est bien souvent représenté ! Son père avait essayé de l’en dissuader, lui expliquant qu’il y a beaucoup de sang, c’est crade, et qu’il préférait peut-être être ailleurs. Ce à quoi je répondais que moi aussi, je préférerais peut-être être ailleurs, mais que j’avais BESOIN de lui dans cette épreuve, genre on avait plus ou moins convenu de ça quand on s’est marié (pour le meilleur ET pour le pire). Au final il a été parfait, on ne lui a pas demandé de sortir lors de la péridurale car je pense que ça se sentait qu’il était à fond avec moi. D’ailleurs, les derniers temps de la grossesse, il lui est arrivé de me dire : “Quand ON aura accouché”. Lors des visites, l’une des questions qui revenaient avec “t’as eu une épisio” (non mais des hémorroïdes ! Comment ça c’est dégueu, et me demander si je me suis pris un coup de scalpel dans la te-cha c’est pas dégeu peut-être ?) était souvent : “et Roudoudou, il est resté pendant ton accouchement ?”…

Lors de mon séjour à la mater, j’ai fais bien chier le personnel à demander que l’on attende Roudoudou pour le bain quand je savais qu’il arriverait dans 5 minutes. Je ne comprends pas que les maris ne puissent pas rester pour les nuits, car les journées se passaient à merveille vu que je n’étais pas seule à tout gérer, alors que la nuit…

Il a pris un mois de congés à mon retour à la maison, et nous nous sommes partagés biberons, couches et bains. A son retour au boulot, il savait aussi bien gérer la puce que moi.

Lors de nos vacances de cet été, c’est donc tout naturellement qu’il lui est arrivé d’aller faire les courses avec la puce, et là, il rentre et me dit : “J’ai hésité à me mettre sur les places spéciales famille à Intermarché”. Vous savez, les places près de l’entrée, un peu plus large pour que tu puisses ouvrir la portière largement et sortir le cosy. Je ne comprenais pas pourquoi il me disait ça, jusqu’à ce qu’il me montre la photo qu’il avait prise :

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Et oui, une maman avec un enfant… Et les papas ?! J’ai donc commencé à être plus attentive à la place des papas (bien que cela m’ait déjà interpellé auparavant), et en allant dans des toilettes publiques pour changer la puce, je lui ai demandé innocemment s’il y avait des tables à langer dans les toilettes des hommes… Vous connaissez la réponse… Et un papa solo qui va au Quick avec bébé ? Nous on a été ensemble dans les toilettes des femmes, il l’a changé pendant que je faisais mon pipi…

Pourquoi je pense que c’est en parti à cause des femmes ? Je pense qu’on veut tellement se persuader que nous sommes les seules à comprendre notre enfant, que l’on empêche les papas de prendre leur place. Combien de fois a-t-on entendu : “Mais non, la couche ne se met pas comme ça ! Laisse je vais le faire”… Au pire, papa ne fera pas pareil que maman, mais ça ne sera pas forcément mal fait… Juste différent !

Mon homme a tellement pris sa place de papa que j’ai du lui demander à un moment de me laisser celle de maman, mais je ne regrette pas !

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